Mélanie Beauchemin

Désir monstrueux : Transgressions et métamorphoses...

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Des Chambres de bois (1958) à Un habit de lumière (1999), les héroïnes d’Anne Hébert s’adonnent à une rêverie qui leur permet de plonger dans une autre vie. Elles explorent une révolte dont l’articulation passe par de la fièvre et des hallucinations. On assiste alors à une désorganisation, autant physique que psychique, centrée sur l’exploration de l’agressivité extrême, des interdits érotiques (inceste, adultère) et de la mort. Une telle révolte expose les femmes à une fantasmagorie sensuelle et blasphématoire, où peut émerger l’être surnaturel - qu’il soit sorcière, diable ou vampire. Le présent essai dégage les signes avant-coureurs de la désorganisation et des visions, au confluent de l’enfance sauvage et de l’allégorie. Il soutient que la représentation diabolique succédant à l’agitation fiévreuse est au service de l’émancipation et des impulsions du corps. Cette analyse de l’intrication métamorphose/désir s’appuie sur les idées de Georges Bataille, en particulier celle de l’expérience intérieure, itinéraire répondant à la volonté de révéler une existence souveraine, dégagée des servitudes qu’impose le quotidien. La lecture des récits d’Anne Hébert amène à poser la question suivante : en quoiles transports érotiques constituent-ils une forme d’émancipation susceptible de rencontrer, par-delà la fièvre et le délire, une possible réalisation de soi ?

Titulaire d’un doctorat en études littéraires de l’Université de Sherbrooke, dont les recherches lui ont valu le Prix de la meilleure thèse, édition 2011 « Lettres et Sciences humaines et sociales », Mélanie Beauchemin s’intéresse à la marginalité des figures féminines dans la littérature. Membre du comité de direction du Centre Anne Hébert de 2004 à 2007, elle a collaboré, en tant qu’assistante de recherche d’abord et de chercheure ensuite, au projet d’édition critique de l’oeuvre d’Anne Hébert de 2004 à 2013. Elle est coauteure, avec Lori Saint- Martin et Lucie Guillemette, du troisième tome des OEuvres complètes d’Anne Hébert (2014, Presses de l’Université de Montréal, consacré aux romans de la période 1975-1982. Elle vit à Sherbrooke.